HS ASH Alzheimer

LES POUPÉES D’EMPATHIE

Quelles utilisations ? Quels résultats ?

Longtemps marginalisée en France, la poupée thérapie s’est développée à l’étranger sous le nom de Doll therapy depuis au moins quatre décennies. Face à une absence de traitements et des comportements dits « troublés » de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, les professionnels se sont progressivement tournés vers les thérapies non médicamenteuses.

Des vifs débats… à une reconnaissance récente. Des premiers pas, sans formation, ni structuration, ni méthodologie, avec beaucoup de questionnements. Comment réagir quand la personne âgée pense tenir dans ses bras un bébé et non pas une poupée ? Très vite, les équipes se sont saisies du sujet avec des avis tranchés, suscitant de vifs débats en interne. Les poupées ont-elles leur place auprès de personnes âgées atteintes de troubles cognitifs ? Poupons réalistes, peluches en forme d’animal, les modèles se sont diversifiés avec toujours les mêmes objectifs : faciliter les interactions sociales, diminuer l’anxiété et l’agressivité ou stimuler la motricité fine. Les bienfaits se sont imposés, permettant une meilleure qualité de vie en structure comme à domicile pour les aidés, les aidants et les professionnels.

Crise sanitaire et changement de donne. Des effets bénéfiques parfois mis en exergue dans certaines études et de façon plus pratique, sur le terrain. Un écueil reste à éviter : ne pas généraliser. Le cas par cas doit prévaloir. Pour une pratique respectueuse et bienveillante, des étapes s’imposent. L’enjeu est d’observer les réactions, mesurer les bénéfices et les risques sans les négliger. Et là, l’histoire de vie est essentielle à la réussite de l’utilisation de cet objet qui peut provoquer des réminiscences et donc des décompensations psychiques. Si la pratique se professionnalise depuis quelques années, la crise sanitaire a accéléré l’entrée des poupées en établissement. Dans ce contexte hygiéniste, la poupée a spontanément trouvé sa place dans les bras des résidents isolés qui expriment le besoin de toucher. Face à cette nouvelle donne, les équipes ont dû s’adapter : il est nécessaire pour elles de se questionner, mais sans juger trop vite.

C’est tout l’enjeu de l’utilisation de la poupée comme objet thérapeutique.

  • Sommaire

ÉTAT DES LIEUX

  • Une histoire de poupées et de poupons, par Béatrice Dussaud, infirmière et formatrice en pouponthérapie
  • À chacun sa poupée ? par Béatrice Dussaud, infirmière et formatrice en pouponthérapie
  • Les Doll therapy dans la littérature scientifique, par Cédric Gueyraud, gérant du Centre de formation aux métiers du jeu et du jouet (FM2J)
  • La poupée d’empathie, objet d’attachement ? par Frédérique Lucet, psychologue clinicienne, formatrice, secrétaire générale de Baluchon France
  • Agir pour dire et contenir l’angoisse, par Judith Mollard, experte psychologue
  • Un engagement collectif, par l’équipe pluridisciplinaire de l’Ehpad et de l’USLD du centre hospitalier de Troyes
  • Quand la poupée comble le vide, par Marine Charabas, psychologue clinicienne en Ehpad

SUR LE TERRAIN

  • Une poupée qui apaise, par Nathalie Benarroch-Queral, psychologue gérontologue
  • Et si jouer à la poupée faisait du bien, par Marie Étienne, pilote plateforme d’accompagnement et de répit aux aidants Meurthe-et-Moselle Nord
  • La dignité des personnes en question, par Véronique Tapia, assistante de soins en gérontologie et formatrice
  • Les interrogations suscitées, par Salomé Tonna, psychologue en Ehpad

MISE EN PERSPECTIVE

  • Une formation essentielle, par Béatrice Dussaud, infirmière et formatrice en pouponthérapie
  • Les poupées d’empathie posent-elles un problème sur le plan éthique ? par Fabrice Gzil, philosophe à l’Espace éthique d’Île-de-France
  • Le robot dit social en institution gériatrique, par Cécile Dolbeau-Bandin, maître de conférences à l’IUT Grand Ouest Normandie, chercheuse au CERREV et membre de l’IERHR (Paris)
  • Les approches non pharmacologiques, par Thérèse Rivasseau Jonveaux, Service de Neurologie, coordinatrice Centre Mémoire de Ressources et de Recherche de Lorraine CHRU Nancy & 2LPN EA7489, université de Lorraine
Hors-série ASH N° 02 - Février 2021 - 36 pages
11,25
(ref: 1DALH0002)